« Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause »

(If everything is stopped, everything can be called into question)

— Bruno Latour

Future_Tense :
Comment envisager l’avenir ?

2020 (en cours)

Alors que nous sommes entrés dans une nouvelle réalité depuis le début de la pandémie, plusieurs d’entre nous se sont demandés ce que l’avenir pourrait nous réserver. À travers un ensemble d’œuvres multidisciplinaires comprenant des peintures, des sculptures, des dessins, des collages, des photographies, des vidéos et des œuvres numériques, l’exposition Future_Tense : Comment envisager l’avenir ? a présenté une réflexion sur notre monde après la période de confinement. Celle-ci a regroupé les œuvres de treize artistes jettant un regard critique sur l’avenir, autant au niveau de nos relations sociales que sur notre manière de vivre dans la sphère publique en temps de pandémie. Nous avons demandé aux artistes : comment cette situation modifie-t-elle nos relations à nous-mêmes, aux autres et à notre environnement ? Et quel sera l’impact de la pandémie sur nos comportements psychologiques et notre bien-être physique ?

Liste des artistes :

Christiane Arbour (Québec, Canada)

Christian Barré (Québec, Canada)

Stephen Connolly (Royaume-Uni)

Jannick Deslauriers (Québec, Canada)

Jacques Desruisseaux (Québec, Canada)

Caroline Douville (Québec, Canada)

Dana Edmonds (Québec, Canada)

Marco Godinho (Luxembourg/France)

Trevor Gould (Québec, Canada)

Mo Laudi (France)

kimura byol-nathalie lemoine (Belgique / Québec, Canada)

Caroline Rochon-Gruselle (Québec, Canada)

Oli Sorenson (Québec, Canada)

Artistes

Christiane Arbour
Québec, Canada

christianearbour.com

Description du travail
Devant la pandémie, une grande partie des humains de la planète s’est retirée de sonenvironnement naturel ou urbain et s’est cloisonnée. Ce fut une opportunité de se réapproprier unevie intérieure perdue.Ici l’artiste se questionne sur ce qu’il advient de l’environnement lorsque tout le monde est confiné.Elle imagine que cet état sera plutôt permanent en réalisant que des pandémies d’autres naturessont à venir. L’artiste imagine un univers d’objets mécaniques où l’humain est absent et où leséléments physiques et chimiques continuent leur processus d’usure et de mutation, à l’abri duregard humain.Dans un traitement pictural à la limite du réalisme et de l’abstrait, l’artiste représentent des objetsusinés métalliques ou non, pour interpréter son univers émotif. Ces objets mécaniques révèlent unevérité résiduelle à propos de notre consommation et d’un monde industriel révolu.

Bio
Christiane Arbour est née à Montréal et vit et travaille à Laval. Elle détient un baccalauréat et une maîtrise en enseignement des arts de l’Université Concordia. Elle a été chargée de cours et conseillère dans son domaine avant de se consacrer entièrement à sa pratique artistique. Dans ses œuvres peintes ou dessinées, Arbour interprète des paysages urbains et mécaniques où le temps et la société agissent subtilement. Ses œuvres ont été présentées dans des expositions individuelles telles que L’esthétique de l’objet mécanique à la bibliothèque de la Ville de Laval (2020), Ferraille, scrapyard, nature et identité à la galerie Circa, Montréal (2019). Elle a également participé à de nombreuses expositions collectives notamment à l’Atelier Galerie 2112 (2022), à la Société Canadienne d’éducation par l’art (2021), au Centre d’art de Montréal (2021), à la Maison de la culture Mercier (2018) et à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (2000).

©Christian Arbour

Spinning, 2019, huile sur toile
©Christiane Arbour

Christiane Barré
Québec, Canada

christianbarre.com

Description du travail
Ce projet propose une collaboration avec des personnes sans-domicile fixe. Il respecte les limites de la distanciation physique de deux mètres (à2M). Le paiement numérique encouragé par les mesures sanitaires restreint l’accès à l’argent comptant. Il a une conséquence importante sur la mendicité.

Bio
Christian Barré est un artiste multidisciplinaire basé à Montréal. Barré est reconnu pour ses manœuvres urbaines qui se déroulent dans l’espace public. Il s’approprie aisément des stratégies de communication visuelle pour intervenir avec compassion dans le corps social. Englobant un large éventail de médias tels que la photographie, la vidéo, l’installation, le livre et les médias sociaux, son travail a été présenté dans de nombreuses expositions, festivals et biennales au Québec, au Canada et à l’étranger, notamment la Space Art Gallery de Pittsburgh, aux États-Unis (2005), le Musée d’art contemporain de Montréal (2005), la Biennale de Montréal (2004), et Le Mois de la Photo (2001). Barré a remporté le 2e prix international pour le réaménagement du Champ de Mars à Montréal en 2010.

©Christian Barré

Stephen Connolly
Royaume-Uni

bubblefilm.net

Description du travail
Chek Lap Kok, 21.00, 01.12.19, documente une marche vers l’aéroport de Hong Kong depuis le centred’exposition sur l’île de l’aéroport, au moyen d’un voyage lent, dans des conditions de fortune et sansdépense de carbone. C’est un signe avant-coureur d’une organisation de voyage allégée etinformelle qui pourrait être une caractéristique du temps à venir.

Visionnez sur Vimeo

Bio
Stephen Connolly est un artiste/cinéaste basé à Londres, au Royaume-Uni. Sa pratique de l’image en mouvement vise à documenter et à explorer les mobilités, la matérialité et les inégalités sociales. Ses films ont été largement diffusés à l’échelle internationale, notamment au BEK (Bergen, Norvège, 2020), à Istanbul SALT (Turquie, 2018) et au Wexner Centre Box (Ohio, États-Unis, 2017). Il est titulaire d’un doctorat en beaux-arts de l’université de Kent et d’une maîtrise en beaux-arts de la Central Saint Martins School of Art & Design de Londres. Il est professeur senior en cinéma à l’Université des arts créatifs au Royaume-Uni.

Chek Lap Kok, 21.00, 01,12,19, 2019
©Stephen Connolly

Jannick Deslauriers
Québec, Canada

Instagram : @jannickdeslauriers

Description du travail
L’image représente l’artiste dans un paysage hivernal du Québec. Elle porte un manteau qu’elle aconfectionné et qui est fait de vinyle transparent rembourré avec de la cendre de bois. Par ce projet, elle a voulu utiliser le manteau d’hiver, ici fait de plastique, comme enveloppe pour le corps, mais aussi comme contenant pour de la cendre. Ce vêtement qui est normalement une protection contre le froid, nous parle ici plutôt de protection au sens d’emballage, de mise sous vide, de conservation. La cendre est pour l’artiste l’ultime reste de quelque chose. C’est de la matière réduite en poussière,c’est ce qu’il reste d’une combustion. La cendre est une présence qui résulte de l’absence de quelque chose, de sa destruction. C’est une matière-mémoire qui parle aussi de survivance. Le fait de porter ce manteau et de marcher pieds nus dans la neige avec ce poids à trainer évoque une avancée difficile, inconfortable. La cendre et le manteau de plastique couvrent et scellent son corps de l’espace extérieur, mais le font aussi porter le poids d’une fin, d’un passé. Dans l’image, elle se retrouve enterrée mais debout. Son corps est couvert de la cendre qui est encapsulée dans les compartiments du manteau. Dans le processus de confection, elle rempli ces compartiments de cendre en utilisant une cuillère à thé. Ce projet parle de temps, d’espace, de territoire, de protection et de ce qu’il reste – ce qu’il restera.

Bio
Jannick Deslauriers est une artiste canadienne connue pour ses sculptures qui explorent la mémoire, l’impermanence, la fragilité et l’éthéralité, à travers la construction d’objets translucides, délicats et complexes. Elle a obtenu son BFA de l’Université Concordia en 2008 et son MFA en sculpture de la Yale School of Art en 2022. Deslauriers a présenté ses œuvres sur la scène internationale, depuis sa première exposition individuelle Mémoire tangible au Musée d’art de Joliette en 2011. Parmi les expositions individuelles sélectionnées, citons Être imaginaire au 1700 La Poste à Montréal (2023), Habiter le trouble au Projet Casa à Montréal (2020) et Migration à Art Mûr à Leipzig (2017). Elle a participé à de nombreuses expositions collectives, notamment : Canada Now : Self-Abstractions à Londres, Royaume-Uni (2017) ; le Sharjah Islamic Art Festival (2016) ; Miniartextile en France et en Italie (2015) ; La Biennale de Sculpture Contemporaine de Trois-Rivières (2014). Son travail fait partie des collections du Musée des Beaux-arts et du Musée d’Art Contemporain de Montréal.

Cendres II, 2020
©
Jannick Deslauriers

Jacques Desruisseaux
Québec, Canada

jacquesdesruisseaux.ca

Description du travail
Dans le cadre du projet Future_Tense, l’artiste porte un regard sur un monde dans lequel nous devons ralentir. Un monde dans lequel l’humanité s’identifie plus que jamais à la nature, et dans lequel ses choix seront toujours confrontés entre les opposés. Les œuvres présentent l’être humain dans ce contexte d’harmonie et d’incertitude. L’humanité a la chance de se retrouvé à l’aube d’une reconstruction de la conscience du vivre ensemble. Une conscience du Nous comme communauté. La volonté d’un changement, d’une relation intime qui considère la nature au centre, plutôt qu’autour de nous. Un art de faire avec la nature.

Bio
Jacques Desruisseaux vit et travaille à Lennoxville en Estrie au Québec. Depuis vingt ans, sa pratique de création a exploré la gestualité en sculpture et en photographie. Détenteur d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval en 1992, il a présenté plusieurs expositions solos et collectives et a réalisé des résidences d’artistes en Belgique, Hollande, Hongrie et Islande. Il a obtenu à plusieurs reprises des bourses de création du Conseil des arts et des lettres du Québec, (CALQ), de Wallonie-Bruxelles et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC.) Il a réalisé des œuvres d’intégration à l’architecture en Estrie, en Montérégie et à Québec. Une de ses sculptures fait partie de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec.

La rencontre de soi, 2020
©
Jacques Desruisseaux

Caroline Douville
Québec, Canada

Instagram : @erzu.lie

Description du travail
Cette série aborde une problématique qui touche la diaspora depuis bien longtemps. Comment notre apparence peut parfois nous donner l’impression qu’il faut se prêter à un jeu binaire. En tant que minorité visible, la manière dont on s’intègre à la société peut nous mener à notre perte ou notre victoire. Les fantômes représentent des pièges dans lesquels on peut tomber : les stéréotypes, la précarité, le communautarisme et bien d’autres. J’ai voulu aborder de ce sujet, mais sous une forme plus ludique et personnelle. Le futur est concerné de par le fait que cette crise du virus amplifie les pièges dans lesquels ces individus diasporiques peuvent tomber. De plus, les troubles climatiques et les débalancements politiques qui nous attendent, poussera forcément davantage de personnes à quitter leur pays d’origine.

Bio
Caroline Douville, également connue sous le nom d’Erzulie, est une artiste et commissaire d’exposition basée à Montréal. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia en 2017. Sa pratique artistique se concentre sur la peinture, le dessin et l’installation. Douville a exposé au Canada et à l’étranger, notamment au Centre Clark à Montréal (2022), à afternoon projects à Vancouver (2022), à New Image Art à Los Angeles (2022) et à la galerie Chandran à San Francisco (2021). Issue de la deuxième génération de la diaspora haïtienne, ses recherches sont centrées sur la culture haïtienne et son influence sur la culture populaire locale et mondiale, démystifiant les processus cognitifs par lesquels les membres de la diaspora interrogent le lien entre l’identité locale et lointaine, en relation avec l’effet des technologies sur notre perception visuelle dans la vie quotidienne. De la même façon, elle explore la tension entre la fiction et la réalité, et comment certaines images peuvent s’emmêler pour construire notre compréhension des phénomènes contemporains et contribuer à former un imaginaire collectif.

PoC Man, 2020
©
Caroline Douville

Dana Edmonds
Québec, Canada

danaedmondsart.com

Description du travail
Dana Edmonds utilise la peinture à l’huile pour explorer les différentes formes de déchets urbains et pour étudier la relation entre la surconsommation et ses effets sur les problèmes de santé mentale, à savoir la dépendance, la thésaurisation, l’anxiété et la dépression. Sa nouvelle série, une collection de signes, de textes et de symboles, prend une allure chaotique, comme un assemblage. Formant une relation entre la nature et la culture, ces images reflètent les habitudes de consommation dans différents temps et espaces et la réalité physique de la vie quotidienne.

Bio
Dana Edmonds maintient une pratique multidisciplinaire qui s’étale de la peinture au design graphique + web. Née à Montréal, où elle vit et travaille actuellement, Edmonds a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Nova Scotia College of Art and Design, Halifax (1990). Elle a également étudié le design graphique au Collège Dawson et l’éducation de l’art à l’Université McGill. Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions individuelles et collectives au Canada et aux États-Unis, notamment One Earth, One Chance à la Rebecca Gallery, Toronto (2016), Show Your World à la Gallery MC New York, New York (2016), l’Ontario Society of Artists Exhibition au Neilson Park Creative Centre, Toronto (2016) et I am NSCAD à la Anna Leonowens Gallery, Halifax (2015). Elle est récemment lauréate d’un prix du Conseil des Arts du Canada 2020 et du Conseil des arts de Montréal 2021.

Addiction Added, Better Forever, WTF, 2020
©
Dana Edmonds

Marco Godinho
Luxembourg / France

marcogodinho.com

Description du travail
Pour Future_Tense, Marco Godinho présente une sélection d’images de deux œuvres distinctes, Written by Water et Left to Their Own Fate (Odyssey). Ces deux œuvres interrogent l’incertitude du langage, l’une en donnant la parole à la mer (Méditerranée), en l’écoutant, dans un geste d’hospitalité, d’attente et d’accueil. La mer, l’eau devient le symbole d’un changement permanent, le souvenir impossible de quelque chose qui ne peut être gardé avec certitude. Le futur maintient ici une hypothèse qu’il est impossible de prévoir. Un futur hypothétique est ici présent dans cette écriture invisible, qui maintient l’espoir dans le doute et qui échappe à toute catégorisation. La deuxième œuvre est un geste d’offrande à la mer, où chaque page du livre de l’Odyssée d’Homère est arrachée après la lecture puis offerte à la mer, à la nature. Les pages s’envolent et poursuivent ainsi leur voyage, chacune suivant son propre destin. La fragmentation de ce texte – considéré comme l’un des poèmes fondateurs de la civilisation européenne – que son immersion en Méditerranée, page par page, fait résonner le destin des migrants d’aujourd’hui et le manque de perspectives d’une génération confrontée à des temps incertains, un avenir impossible à prévoir. Cette œuvre tente de nous inviter à réévaluer notre point de vue sur le monde et à remodeler la division conventionnelle entre culture et nature. Ici les éléments naturels comme l’eau, le vent, l’air, le soleil, la terre deviennent les acteurs de notre histoire commune, un futur hypothétique

Bio
Marco Godinho est né à Salvaterra de Magos, au Portugal, il vit et travaille entre Luxembourg et Paris. Depuis une quinzaine d’années, Godinho déploie un univers singulier, réflexion sur notre expérience subjective du temps et de l’espace. Il aborde une pratique post-conceptuelle, les questions d’exil, de mémoire et de géographie, à partir d’installations et de vidéos, en passant par ses écrits et œuvres collaboratives. Godinho a présenté son travail dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à l’international, notamment à la 58ᵉ biennale de Venise, au pavillon du Luxembourg (2019), Le Parvis, Tarbes, France (2019), Fonderie Darling, Montréal, Canada (2018), MAMAC– Musée d’art moderne et d’art contemporain, Nice, France (2016), MNAC – Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado, Lisboa, Portugal (2015). Ses œuvres font également partie de collections publiques, dont le Musée de l’histoire de l’immigration, Paris, France ; MNAC – Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado, Lisboa, Portugal; Mudam Luxembourg, Luxembourg.

Left to Their Own Fate (Odyssey), 2019
©
Marco Godinho

Description du travail
Les nouvelles aquarelles de Gould répondent à l’idée de diversité dans sa double implication pour l’avenir de la nature et de la culture, l’un des thèmes dominants de mon travail. Le lien inter-espèces entre la nature humaine et la nature animale est ce qui forme cette approche. Ces œuvres, intitulées thématiquement “The Human Brain Begins (Le cerveau humain commence)”, réfléchissent aux origines de la pensée pour un monde futur influencé par les récentes interprétations archéologiques de l’endroit où commence la pensée humaine. Le monde a été le centre des visualisations dans l’art depuis les premières divisions du ciel et de la terre, jusqu’aux modèles du monde présentés dans les expositions universelles du 19e siècle. Ces œuvres forment une sorte d’archéologie visuelle de la présence humaine et, en fait, la visualisation de la pensée humaine elle-même dans la représentation des humains/hybrides… On pense au dernier Quagga sud-africain éteint en 1870, au dernier diable australien de Tasmanie éteint en 1933, au dernier Rhinocéros du Nord éteint en mars 2018, mais se demande-t-on jamais quel a été le dernier être humain ? S’agit-il de notre vanité humaine ou d’une projection sur l’avenir ?

Bio
Trevor Gould est né à Johannesburg, en Afrique du Sud, il vit et travaille à Montréal. Il a été professeur de sculpture à l’Université Concordia entre 1989 et 2018, et professeur Stiftungs en 2003 à la Hochschule für Gestaltung Offenbach am Main, en Allemagne. Il est titulaire d’un diplôme d’enseignement en art du Johannesburg College of Art, d’un diplôme en sociologie de l’Université d’Afrique du Sud et d’une maîtrise en sculpture canadienne contemporaine de l’Université Carlton, à Ottawa. Son travail a été exposé au niveau national et international, notamment au Hilliard Art Museum (USA, 2022), au Centre Clark (Montréal, Canada, 2018), au FRAC Languedoc Roussillon (France), au Musée d’art contemporain de Montréal, (2012, 2007 & 1998). Ses œuvres se trouvent dans plusieurs musées et collections d’entreprise au Canada, en Pologne, en Italie, en France et en Allemagne. Gould est représenté par la Galerie Hugues Charbonneau à Montréal, Canada, et par la Galerie Arte Giani à Francfort, Allemagne.

The Human Brain Begins, 2020
©Trevor Gould

Mo Laudi
France

Instagram : @mo_laudi

Visionnez sur Vimeo

Description du travail
L’année est 2099
Un autre documentaire sur les corps noirs assassinés
Berceuse d’un combattant de la liberté
Est-ce que je vais mourir ainsi ?
Un hashTAG de plus
Diaspora SOS la mère patrie

Le stress comprimé
Défilement des médias sociaux
Nunorm réalité déjavu
Stanza Bopape dans la rivière Komati
Le cadavre d’Emmett Till à Tallahatchie

La danse de la vérité et de la fiction
Hashtags et slogans
Archives des tragédies
Démantèlement des traumatismes
#Exfolier les systèmes toxiques

Qui va pleurer
Ma vie aura-t-elle eu de l’importance
Les corps noirs auront-ils de l’importance
Ce qui aurait changé
Effacé,supprimédel’avenir
Coincé dans une boucle temporelle ???

Il y a quelque chose qui ne va pas dans le système. J’ai été ému aux larmes en apprenant qu’Ahmaud Arbery, Joao Pedro et un autre policier avaient tué un homme noir non armé. Cela m’a rappelé l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, où les corps des noirs étaient constamment exécutés. Notre réalité était la brutalité systématique. Et maintenant, George Floyd… ne pouvant plus respirer m’a ramené à Eric Garner et à tant d’autres histoires d’horreur.

Dans cette œuvre de fiction – un court montage de séquences trouvées et personnelles – je suis tué par la police dans le futur. Il s’agit d’une protestation et d’un hommage à tous ceux qui ont été tués alors qu’ils menaient une vie quotidienne pacifique, ainsi qu’à ceux qui se battent pour notre liberté en Afrique du Sud, aux États-Unis et dans toutes les diasporas.

 Dans l’œuvre sonore que j’ai créée, la 808 Sub Bass est un cri de Hip Hop, un arpégiateur des années 1970 qui rencontre des violoncelles apaisants. Le chant multivocal que j’interprète rappelle celui d’une chorale lors de funérailles politiques : chaque gamme vocale sort d’un haut-parleur différent, créant un effet de son surround. C’est par le chant participatif que se produit l’effet de guérison collective, comme une berceuse avec l’effet calmant nécessaire après une lutte.

Bio
Mo Laudi est un artiste multidisciplinaire, compositeur, DJ qui vit et travaille entre Johannesburg et Paris. Il est également chercheur à l’université de Stellenbosch. Il est connu pour sa philosophie Globalisto et ses contributions essentielles à la musique afro-électronique. Sa pratique artistique comprend des expériences avec le son en tant que matériau, des paysages sonores mêlant voix, textures et rythmes en tant que critique sociopolitique de la société. Inspiré par la connaissance des systèmes africains, le transitionnisme post-apartheid, les subcultures internationales et underground, ses recherches s’expriment également à travers la peinture, le collage, la sculpture, les installations et la vidéo. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions internationales, notamment Dak’art (Dakar, 2022), Rautenstrauch-Joest-Museum : Cultures du monde (Cologne, 2022), Kadist (Paris, 2021), Centre Pompidou (Paris, 2019).

#RIPMoLaudi, 2020
©Mo Laudi

kimura byol-nathalie lemoine
Belgique / Québec, Canada

starkimproject.com

Description du travail
Quelle serait l’ère post-covid19 pour un-e Asiatique de la diaspora vivant en Occident ?

Le coninement était un mode sûr pour moi…

sauf quand je devais faire la queue pour des produits alimentaires de base Mon corps sera encore plus conscient de ce qui m’entoure.

Ma future tensivité :

J’aurai déconstruit mon traumatisme de mon expérience de l’agression anti-asiatique. Je devrai apprendre à faire coniance à mes espaces publics sociaux

Donc,

J’aurai un blanc à la lumière sur un mur

Je regarderai le ciel pour éviter les regards condescendants Je vais presser un œuf dur pour réprimer ma frustration

Je vais disparaître du cadre(e)scape

Je devrai me relever pour reprendre ma inerte de ce que des lâches m’ont pris.

Bio
kimura byol-nathalie lemoine est un.e artiste féministe et multimédia basé.e à Montréal, au Canada. Yel.le travaille sur diverses questions identitaires telles que la diaspora, l’ethnicité, le colorisme, le post-colonialisme, l’immigration et le genre, et s’exprime par le biais d’art conceptuel, d’images numériques, de vidéos, de performances, de calligraphie et de poèmes, ainsi que par des collaborations avec d’autres artistes et le public. Son travail a été exposé au niveau national et international, notamment à Dazibao (Montréal, 2020), Galerie Bradley Ertaskiran (Montréal, 2020), Fondation AHL (NYC, USA, 2020), Kyoto Municipal Museum (2005), Kyoto Art Center (2004), Ilmin Museum (Séoul, 2000), Fringe Club Gallery (Hong Kong, 1997), Samsung Insurance Gallery (Daejeon, 1996). kimura-lemoine a été sélectioné.e pour la résidence PHI 2021 et a exposé les œuvres résultantes à la Fondation PHI, ...room in a bag of stars. Aussi avec son duo DOIS avec Fernando Belote, yel.les ont présenté à Dare-Dare pendant 100 jours (2021–2022), au festival Médiane de l’UQAM (2022), et au Musée des Beaux-Arts de Montréal (2022). Par ailleurs, kimura-lemoine, en tant que commissaire, a développé plusieurs projets qui donnent voix et visibilité aux communautés marginalisée.

Petales, 2020
©kimura byol-nathalie lemoine

Caroline Rochon-Gruselle
Québec, Canada

Instagram : @carriethebeat

Description du travail
Mon travail est le reflet et le produit du temps passé en quarantaine et des différents états d’esprit qui sont apparus pendant cet arrêt. Il met en lumière la façon dont on peut se sentir à la fois étranger et isolé dans une situation extraordinaire et abrupte, et espérer et croire en un avenir meilleur. C’est un travail de transition et de transformation, qui cherche à traiter et à donner un sens à notre réalité collective et à notre sentiment d’y avoir une place. Les œuvres d’art abordent également des questions sociétales actuelles telles que le logement, la pollution et la sauvegarde de notre environnement, le consumérisme et l’identité. Je pense que ces questions sont primordiales et qu’elles devront peut-être être abordées dans un monde post-Covid-19. Les œuvres présentées sont le fruit de ces réflexions.

Bio
Caroline Rochon-Gruselle est une artiste autodidacte et vit et travaille à Montréal, au Canada. Son travail est inspiré par les différentes possibilités du papier et influencé par le concept wabi-sabi, puisant dans l’art de l’imperfection et de la temporalité ainsi que dans le monde naturel. Elle explore le mouvement et l’espace sous forme de collage, caractérisé par le papier et les lignes. Guidée par l’intuition et l’imagination, ainsi qu’enrichie par sa pratique du yoga, son processus créatif est une expérience méditative qui plonge dans les souvenirs, les rêves et la vie quotidienne. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions collectives à Montréal, notamment à la Galerie McClure (2017, 2020), ainsi que dans le zine artistique Semiaprilus (Estonie, 2020) et dans l’exposition Post It de Coupee Collage(Belgique,2022).Elle est actuellement artiste en résidence au Kolaj Institute.

Irréelle / Otherworldly,  2020
©Caroline Rochon-Gruselle

Oli Sorenson
Québec, Canada

olisorenson.com

Description du travail
Le projet intitulé Group of Seven Pixels échantillonne des peintures iconiques du Groupe des Sept, parmi les œuvres les plus reconnues de l’histoire de l’art canadien. Avec ces œuvres, l’artiste a voulu jouer avec la mémoire collective des artefacts culturels canadiens. Il a ajouté la pixellisation sur ces œuvres d’art pour exprimer leur traduction dans des environnements en ligne, ce qui, selon lui, sera le seul canal que la plupart des gens pourront voir les œuvres originales, longtemps après la crise sanitaire actuelle.

Bio
Oli Sorenson vit et travaille à Montréal. Il détient un doctorat en art interdisciplinaire de l’Université Concordia, une maîtrise en médias interactifs et un baccalauréat en peinture et vidéo, tous deux de l’Université du Québec à Montréal. L’art du remix de Sorenson fut initialement reconnu à Londres, au Royaume-Uni, d’où il a contribué à plusieurs événements à l’Institute of Contemporary Art (2003-2006), à la Tate Britain (2006) et au British Film Institute (2008-2010). Il a également établi un profil international grâce à ses prestations aux festivals ZKM (Karlsruhe, 2002), ISEA (Helsinki, 2004), Mapping (Genève, 2009) et Sonica (Ljubljana, 2012). Parmi ces récentes expositions solo, il a diffusé les séries Capitalocene ? à Art Mûr (Montréal, 2022) et Panorama de l’Anthropocène à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (Montréal, 2021). Il participe également à de nombreuses expositions collectives telles que le Symposium international d’art contemporain à Baie-Sait-Paul (2022), et la Biennale internationale d’art numérique à Arsenal (Montréal, 2021). Sorenson est représenté par la galerie ArtMûr à Montréal.

Group of seven pixels (from Lawren Harris),  2020
©Oli Sorenson

Remerciements :

Future_Tense sur la rue Jean-Brillant réalisée grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada.